Régime auto-entrepreneur au Maroc : ce que dit le guide DGI 2026

L’administration fiscale marocaine a publié en 2026 une nouvelle édition de son guide dédié au régime de l’autoentrepreneur. Pas de bouleversement à l’horizon : ce document consolide et clarifie des règles déjà en vigueur, notamment sur l’adhésion à la sécurité sociale et l’article 42 ter du Code Général des Impôts. Il reste toutefois la référence la plus claire pour comprendre les plafonds, la fiscalité et les obligations de ce statut. Voici l’essentiel à retenir.

Des plafonds de chiffre d’affaires à ne pas dépasser

Le régime auto-entrepreneur reste soumis à deux plafonds annuels, calculés sur les recettes réellement encaissées :

  • 500 000 DH/an pour les activités de commerce, d’industrie et d’artisanat ;
  • 200 000 DH/an pour les prestations de services.

Bonne nouvelle pour les entrepreneurs dont l’activité connaît des pics ponctuels : un dépassement isolé ne fait pas basculer automatiquement vers un autre régime. Il faut un dépassement sur deux années consécutives pour être transféré, au 1er janvier suivant, vers le résultat net simplifié, la CPU (contribution professionnelle unique) ou le résultat net réel.

La règle des 80 000 DH par client : le piège à connaître pour les prestataires de services

C’est sans doute le point le plus déterminant pour tout auto-entrepreneur qui facture des prestations de services. Dès qu’un même client verse plus de 80 000 DH sur l’année, la partie qui dépasse ce seuil est soumise à une retenue à la source de 30 %, appliquée directement par le client.

Un exemple concret permet de mieux visualiser l’impact :

  • Un auto-entrepreneur facture 100 000 DH à un même client sur l’année.
  • Les premiers 80 000 DH restent taxés au taux normal de l’AE, soit 1 %.
  • Les 20 000 DH excédentaires subissent une retenue à la source de 30 %, soit 6 000 DH prélevés par le client.

Pour les prestataires qui travaillent avec un petit nombre de clients récurrents, cette règle peut représenter un manque à gagner important si elle n’est pas anticipée. Diversifier son portefeuille clients, ou du moins suivre de près les montants facturés à chaque client, devient une vraie stratégie fiscale.

Une fiscalité calculée sur le chiffre d’affaires, pas sur le bénéfice

L’un des principaux attraits du statut reste la simplicité de son mode d’imposition : l’IR libératoire est calculé sur le CA encaissé, et non sur le bénéfice réalisé.

  • 0,5 % pour les activités de commerce, d’industrie et d’artisanat ;
  • 1 % pour les prestations de services.

À cela s’ajoute, comme vu plus haut, la retenue à la source de 30 % au-delà de 80 000 DH par client pour les prestations de services.

Les avantages du statut

Le régime auto-entrepreneur conserve plusieurs atouts qui expliquent son succès auprès des indépendants et des jeunes entrepreneurs :

  • Activité hors champ de la TVA;
  • Exonération de taxe professionnelle pendant 5 ans, extensible sous conditions aux terrains, constructions et équipements neufs ;
  • Pas d’inscription au registre du commerce et comptabilité allégée, réduite à un simple livre de recettes ;
  • Domiciliation possible au domicile personnel ou dans un local partagé.

Les obligations déclaratives

Le statut impose un rythme de déclaration régulier :

  • Déclaration mensuelle ou trimestrielle du chiffre d’affaires réellement encaissé, avec paiement de l’impôt dans le même délai ;
  • Possibilité de télédéclarer via Barid Al-Maghrib ;
  • Une adresse électronique est obligatoire pour recevoir les notifications de la DGI.

Les conditions d’éligibilité

Pour bénéficier du régime, plusieurs conditions doivent être réunies :

  • Exercer une activité éligible ;
  • Exercer à titre individuel ;
  • Respecter les plafonds de chiffre d’affaires ;
  • Être inscrit au Registre national de l’auto-entrepreneur ;
  • Adhérer au régime de sécurité sociale prévu par la législation en vigueur.

Qui est exclu du régime ?

Certaines professions et certains secteurs restent en dehors du champ du statut :

  • Professions réglementées : architectes, avocats, médecins, dentistes, experts-comptables, notaires, pharmaciens, vétérinaires ;
  • Secteurs spécifiques : hôtellerie, édition et librairie, transit douanier, promotion immobilière.

Les causes de radiation du régime

Le statut peut être perdu dans plusieurs situations :

  • Chiffre d’affaires nul ou absence de déclaration dès la 2ᵉ année après inscription ;
  • Non-paiement des cotisations sociales ou fiscales pendant un an ;
  • Changement de statut juridique ;
  • Dépassement des plafonds pendant deux années consécutives.

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